Le vélo à roulettes

Le vélo à roulettes

Septembre 2009

Bonne nouvelle, la crise financière est finie !

C'est ce que nous ont dit les vingt chefs d'Etat réunis le 25 septembre dernier au sommet de Pittsburgh.

Certains économistes le confirment, tout comme l'envolée récente des marchés financiers (plus 27 % pour le CAC40 depuis le 10 juillet, et depuis le début de l'année, les progressions sont respectivement les suivantes : Etats-Unis (sp 500) + 17% Inde + 73 %, Hong Kong + 66%, Chine +51%, Taïwan + 63%, Russie + 103%).

Tout a une fin, même la peur...

De plus, il est dans la nature humaine que l'avidité retrouve ses droits.

Enfin, la faible rémunération des placements sans risque à court terme (les placements monétaires rapportent actuellement moins de 0.5% par an, et le marché général des fonds en euros pour 2009 va s'avérer très décevant) ne peut que pousser les investisseurs à revenir sur les actions tant il paraît aujourd'hui évident que bon nombre d'entre elles présentent des cours très attractifs.


Nous ne pouvons que nous réjouir du constat que l'action concertée des banques centrales et des gouvernements a porté ses fruits.


Un certain paradoxe ressort de cette bonne nouvelle :

La croissance mondiale sera durablement faible, poussant ainsi  les banquiers centraux et les gouvernements à rester très vigilants pour ne pas reproduire ce que nous avons vu dans le passé : remonter trop rapidement les taux d'intérêt en considérant que l'orage est fini.


Les marchés financiers adorent cette idée.


Nous savons aussi que le poids des USA va s'affaiblir et que les grands gagnants de ces prochaines années vont être les pays émergents.


Les marchés financiers adorent la visibilité.


Les particuliers mais aussi les institutionnels possèdent aujourd'hui une masse de liquidités énorme qui commence à revenir sur les marchés actions, et nous souhaitons rappeler ici, qu'au regard des multiples de capitalisation, les actions européennes par exemple,  sont revenues en termes de valorisation, à leur niveau de 1980.


Il est frappant de constater que depuis quelques jours, à la moindre faiblesse des indices, les flux acheteurs reviennent très vite.

L'appétit est de retour et c'est tant mieux.

Il est donc indispensable, nous semble-t-il, de revoir en profondeur les stratégies de protection que nous avons pu vous  recommander, car il ne faudrait pas que nous laissions passer le train de cette hausse qui peut s'avérer durable.

Nous avons procédé ces dernières semaines à une sélection méticuleuse des véhicules financiers bénéficiant d'un couple rendement/risque intéressant (c'est-à-dire : «Quelle rentabilité supplémentaire suis-je en droit d'attendre à chaque fois que j'augmente mon échelle de risque de un point ?»).


Il y en a pour tous les goûts, de l'approche sécuritaire à l'approche spéculative.


Nous rappelons toutefois que le respect de votre profil de risque restera une
préoccupation majeure pour notre équipe.


En conclusion, nous sommes à votre entière disposition pour infléchir avec vous notre politique de grande prudence que nous avons initiée en 2008.


Nous devons veiller en effet au risque le plus important que constitue la façon avec laquelle les banques centrales et les gouvernements vont récupérer les astronomiques masses de liquidités qu'elles ont investies dans l'économie mondiale pour éviter le risque systémique.

Rappelons, par exemple, que le 15 septembre 2008, 144 milliards de dollars de liquidités ont été mis à la disposition des banques en Europe, en Angleterre aux Etats-Unis et au Japon par les banques centrales.

Depuis, comme vous le savez, les états ont continué à  soutenir les banques.


Reprendre trop rapidement ses liquidités reviendrait à tuer la reprise de la croissance. Les reprendre trop tardivement serait favoriser la reprise de l'inflation, qui obligerait les banques centrales à remonter leur taux d'intérêt.


Nous sommes  confrontés aujourd'hui au «mur de la dette».

Songez en effet, qu'aux USA, l'endettement des ménages, plus l'endettement des entreprises, plus l'endettement de l'Etat, est équivalent à 330 % du PIB !

En Europe la dette explose : c'est plus 2,2 milliards d'euros chaque jour !!

Pour la France, c'est 700 millions d'emprunts nouveaux chaque jour qu'elle doit émettre pour financer son budget ! Et en 2010 le poids de sa dette sera équivalent à 86 % de son PIB !


Les Etats et les banquiers centraux ont donc fait le choix qui s'imposait : éviter le pire en acceptant de laisser courir les déficits.

Mais cela ne pourra pas durer. en cas de nouvelle crise, les états ne seront plus en mesure de piocher dans leur tirelire. L'Islande en a déjà fait les frais...


Cela me fait penser aux roulettes que nous installons sur les vélos de nos enfants pour qu'ils apprennent plus facilement à les maîtriser. Un jour ou l'autre, il faut bien les supprimer, car elles deviennent inutiles, voire dangereuses.


Le pouvoir politique et économique est aujourd'hui engagé dans une subtile partie d'échecs, celle qui se situe entre gestion de la relance et gestion des déficits (ce dernier point pourrait inspirer d'ailleurs un prochain billet dont le titre pourrait être " la patate chaude "...).

Mon équipe et moi même sommes plus que jamais déterminés à vous guider pour que vous soyez ni victimes de l'effondrement de la rémunération des placements sans risque, ni victimes d'un retour sur les marchés sans discernement.

Jean-Michel Coy
L'équipe Capitis Conseil